Re: to aliocha et les autres

envoyé par Aliocha le 26 novembre 2001 à 20:15:35:

en réponse à Re: to aliocha et les autres envoyé par movi sevaze le 26 novembre 2001 à 11:30:41:

Je n'ai pas beaucoup d'estime pour Les Inrockuptibles, en tout cas depuis que c'est devenu un hebdo politisé à mort. Quant à télérama, je le lis parfois, mais je préfère Positif, ou éventuellement les Cahiers, sauf quand ils défendent Pearl Harbor. Je n'ai jamais prétendu avoir de l'"audace" dans mes goûts, mais j'ai une vraie passion pour certains artistes qui sont pour moi des références, et qui le sont effectivement pour un grand nombre de gens. Où est le problème ? Si Homère, Shakespeare ou Joyce sont encore lus aujourd'hui, si Schubert et Coltrane ou Jobim sont toujours écoutés, doit bien y avoir une raison... Pourquoi s'intéresser à des artistes médiocres quand on a un nombre incalculable de géants à découvrir ou redécouvrir ? J'avoue que je ne comprends pas bien. Laisse la variété au supermarché, tu verras, ça fait un bien fou (prochaine étape après Delpech, Obispo ?)...
Quant à ce que j'appelerai le "complot" Pretty Woman, j'avoue que là, c'est du délire. Desplechin nous raconte par exemple que c'est remarquable... Qu'un gars si brillant tombe dans le panneau simplement parce qu'il est fan de Julia Roberts, c'est triste. Je me souviens très bien qu'en 1990 (enfin, quand c'est sorti, je ne me souviens plus trop de la date exacte), c'était entendu que ce Pretty Woman était une merde infâme hollywoodienne dégoulinante et puante dans sa glorification du fric à la sauce conte improbable (sauf, surtout, pour l'hallucinant Marc Esposito de Studio qui criait au chef-d'oeuvre). Maintenant, il est très snob de la part de certains artistes ou critiques de dire le plus grand bien de ce produit inepte. Cukor doit se retourner dans sa tombe. Truffaut disait qu'il n'y avait pas de mauvais films, juste de mauvais cinéastes. C'est un peu excessif, mais Gary Marshall, désolé, c'est de la soupe. Je préfère Woody Allen.
"L'intelligence est partout"... Ah, bon, c'est nouveau ça, on m'a pas prévenu. Qu'il y en ait dans des formes artistiques populaires, je ne l'ai jamais nié. Mais je veux simplement y trouver le couple "Emotion + intelligence" dont parle Michel Ciment. C'est tout. C'est la moindre des choses, non ?
Fight Club, un grand film quant au fond ?... Je trouve que c'est un film plus intéressant sur la forme -même si elle est à certains moments limite hystérique- que sur le fond, mélange un peu bordélique de nihilisme, critique sociale et utopie. Enfin, même si c'est un film problématique, c'est un film intéressant. Mais du même mec, je préfère ses autres films, selon moi plus maîtrisés.
Quant à Millenium Mambo, c'est vrai que tout ce qu'on entend dessus ne me séduit pas beaucoup -même si j'ai adoré Les Fleurs de Shangaï- principalement le refrain "film-branché-techno-cool-night club-déprime". Effectivement, Millenium Mambo a à première vue tout du film à la mode: son origine asiatique, sa musique, le physique de top-model de son actrice... Un peu gonflant tout ça. Enfin, de toute façon, c'est un film qui ne passera certainement pas dans la ville où je vis. Par contre, en ce qui concerne l'ennui, dans le domaine artistique, c'est une notion que je ne comprends pas vraiment. C'est mauvais ou ça ne l'est pas, non ? Je m'emmerde ferme devant 1h30 de mauvais cinéma hollywoodien d'action, mais c'est l'extase durant les 3hoo d'Andrei Roublev. C'est ainsi.
Bye!
A.

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