Film : Matrix

(Détails)
Un film impressionant, qu'il faut voir dans une bonne grande salle en VO pour pouvoir en profiter pleinement.

``What is the Matrix? You have to see that for yourself...'' aussi vous ne trouverez ici que quelques commentaires personnels sur ce film, ou plutôt cette vision de notre monde, car c'est exactement là qu'il se place. Si vous ne l'avez pas vu, tout d'abord vous devriez aller le voir, et ce qui suit va vous paraître bien obscur et incompréhensible.

Le producteur exécutif Andrew Mason a le mieux expliqué l'effet voulu sur l'audience en disant : "The Matrix is really just a set of questions, a mechanism for prodding an ignorant or dulled mind into questioning as many things as possible."
Difficile et long travail...

C'est tout d'abord un film qui fait penser à beaucoup d'autres films, ou qui en référence beaucoup d'autres.
Pour l'aspect ``Suis-je l'élu?'', on ne pourra que lorgner du côté de Dune, qui a traité cela en détail. Etre l'élu, il faut en prendre conscience, il faut en supporter les conséquences, il faut en voir les prolongements.
Les ``méchants'', les agents Smith et autre font beaucoup penser aussi aux agents de Men in Black, que ce soit par leurs ``pouvoirs'', leur démarche, ou leurs lunettes noires. L'analogie était peut-être voulue : le slogan dans MIB c'était aussi qu'il y avait certaines choses qu'il valait mieux que la ``population'' ne sache pas. Et les lunettes c'était pour se protéger de ce gadget qui permettait d'effacer la mémoire de n'importe qui si besoin s'en faisait sentir. Dans Matrix ca semble être pour se protéger du monde réel, virtuel, bref de l'image qu'on a sous les yeux. C'est pour se cacher soi-même aux autres et les autres à soi-même. Ainsi l'agent Smith n'enlève ses lunettes qu'à deux moments : lorsqu'il est avec Neo au tout début après que ce dernier se soit fait attrapé par la police, et qu'il essaye de l'amadouer avec son plan, et à la toute fin, quand il seul à seul avec Morpheus, bref dans les deux cas quand il essaye de prendre les gens par leurs sentiments, quand il essaye d'être ``humain''. Les vrais humains ont aussi systématiquement des lunettes noires quand ils sont dans la Matrix, si l'on met de côté les lunettes orange fluo de Switch et les quelques manquements de Neo, mais qui lui n'en a peut-être pas besoin car il lit directement dans la Matrix.
Le cas de ces lunettes fait aussi beaucoup à ``Invasion Los Angeles'' de John Carpenter, qui décrivait un monde déjà envahi par des extra-terrestres, mais que l'on ne pouvait voir que si on portait des lunettes noires spéciales.
On remarquera aussi le jeu génial de l'agent Smith, avec sa démarche bien particulière, ainsi que sa conversation, pendant laquelle il ouvre à peine les lévres.
Par l'esthétisme du vaisseau et de la Matrix notamment, on peut parfois penser à ``Alien''. Pour la description du futur, ``Blade Runner'' n'est pas très loin : là aussi le ciel est ``écorché'', sans que l'on sache pourquoi.
L'attaque pour aller sauver Morpheus, et particulièrement le passage dans le détecteur de métaux peut faire penser à ``Leon'', par son côté dévastateur. On ne pourra oublier ces piliers de marbre qui se fracturent, ces murs utilisés dans la chorégraphie pour éviter les balles... cette pluie de balles dans les murs, puis à l'extérieur, depuis l'hélicoptère, filmée admirablement par en-dessous, et au-dessus de l'interrupteur de l'ascenseur, cette inscription faisant partie des très rares moments d'humour du film : "Don't use if there is a risk". Ascenseur complétement détruit peu de temps après d'ailleurs par une magnifique explosion avec des flammes filmées au ralenti, qui enveloppent tout ce qu'il y a aux alentours et qui finissent par projeter violamment la porte. Dans les deux cas une entrée en force dans un immeuble 'officiel' était nécessaire pour aller récupérer côute que coûte un être cher. Il y a aussi les vêtements.

Chaque combat se révèle être une véritable danse, admirablement servie par quelques ralentis et quelques effets jamais vus avant (comme le fameux 'bullet time' que l'on risque de revoir rapidement ailleurs, maintenant que la technique est rôdée, après 1 an (!) d'expérimentations juste pour cet effet-là). On ne peut que rester admiratif devant la créativité et l'ingéniosité déployées que cela soit par les personnages pendant les combats, ou par les réalisateurs pour les filmer !
On notera aussi la formidable ``onde de choc'' de l'hélicoptère qui s'écrase sur un building...

Y a-t-il deux parties dans ce film ? En effet beaucoup de personnes ont parlé de deux parties, et très souvent la deuxième était plus appréciée que la première. Personnellement je ne vois pas de fracture si nette entre le début et la fin du film. C'est vraiment un tout. J'imagine que les gens ont opposé la partie plus ``philosophique'' du début à l'action de la fin... et ont plus facilement pris du bon temps avec les scènes d'action qu'avec les horribles interrogations que ce film pourrait leur donner sur leur propre vie. En effet seraient-ils capables, eux, aujourd'hui et maintenant, de supporter une révélation de cette ``ampleur'' ? Pas si sûr... Quand Morpheus explique à Neo que certaines personnes sont tellement habituées à cette illusion, qu'elles pourraient être prêtes à tuer pour la conserver (à mettre en relation avec les actions du traître Cypher qui vont dans le même sens, puisqu'il dit clairement, qu'il sait que le steak n'est qu'une illusion, mais il le savoure tout de même. ``Ignorance is bliss'' comme il dira...), ce n'est pas qu'une phrase... c'est ce que l'on peut voir chaque jour...
Et c'est une belle métaphore de la société : par défaut, tout le monde est votre ennemi.
Même si tout le monde n'a pas daigné se poser la question, j'espère au moins que ce film fera que les gens arrêteront de dire LA vérité ou LA réalité, concepts mis en pièce ici.
Certaines personnes disent les choses telles qu'elles ``sont'', même si elles sont crues, et c'est très rapidement percu comme une attaque, les gens s'agrippent à leurs illusions et ne souhaitent même pas envisager d'autres possibilités.

Certains ont vu ce film comme un film subversif qui s'en prenait au gouvernement, tout simplement parce que les agents étaient des agents du gouvernement dans la Matrix. Je pense que bien bien plus que cela. Bien sûr les "méchants" sont personnifiés par des agents, type le FBI ou la NSA. Bien sûr ils sont épaulés par le "gouvernement", mais tout simplement parce que c'est "l'ordre" et c'est là qu'ils peuvent agir le plus facilement dans ce monde qui doit être proche du monde 'réel' (amusante aussi cette remarque de l'agent Smith à Morpheus comme quoi le premier projet Matrix avait foiré car c'était un monde sans souffrances... l'esprit ne peut-il vivre sans souffrances parce que le corps en subit et que donc l'esprit en a les échos ? hum... lien avec la question de Neo "Et si on meurt dans la Matrice?" réponse : "Le corps ne peut vivre sans l'esprit"). Cependant je pense que c'est vraiment un détail... et que la morale du film n'est pas "Ne croyez pas votre gouvernement, il vous ment"... mais plutôt "Ne croyez pas vos yeux, ils vous mentent", ce qui est bien sûr plus difficile à admettre, voire même à envisager.
Parfois un vieillard (cf dans le métro), une vieille dame ou une ``femme en rouge'' se révèlent être des "hôtes" bien plus utiles...

Dans la cuisine du vaisseau, Mouse entame une discussion plus intéressante qu'il n'y parait. Et si les machines n'avaient pas trouvé le ``bon'' goût du poulet ? Ce que l'on peut prolonger ainsi : comment se fait-il que la moindre communication soit possible puisque on est obligé de se mettre d'accord sur tout, et de dire "ca c'est vert" ou "ca ca sent le poulet", étant donné qu'on ne peut rien savoir de ce que l'autre ressent ?
Avant lui, Morpheus révélant à Neo l'ampleur de ce qu'on lui a caché, en posant au passage cette question : ``How do you define reality?'', pour prolonger en disant que si la réalité c'était ce que nous voyions, sentions, bref ce que nos sens nous disaient, alors la réalité n'était finalement qu'un ensemble d'impulsions nerveuses, électriques, bref quelque chose qui se créait facilement... Et le thème du cerveau tout seul baignant dans un liquide assurant sa subsistance et ``commandé'' par impulsions pour que l'esprit qui l'habite sente une réalité est un vieux thème de Science-Fiction. Mais est-ce vraiment de la fiction ?
On notera aussi à la fin de la conversation avec Mouse : "Il ne faut pas nier nos impulsions, parce que les impulsions c'est ce qui fait de nous des humains" ;-)

Que dire quant à l'image de la société du rôle du téléphone ? Le téléphone, souvent portable... cet appendice obligatoire de nos jours... qui provoque à la fois le salut (le premier contact de Néo avec Morpheus est par téléphone, après le message de Trinity sur son ordinateur - et les passages Matrix->Monde "réel" qui se font uniquement par téléphone) et la destruction (le téléphone connecté et jeté par le mouchard avant la visite chez l'Oracle)
Encore une fois comme tout outil, le téléphone peut vous apporter la ``rédemption'' ou la destruction.

On n'oubliera pas le rôle de la télévision non plus : la caméra est très souvent en train de filmer une télévision qui est en train de montrer quelque chose, puis `entre' dedans et montre l'action elle-même. C'est le cas quand Neo est emprisonné, et encore après quand Morpheus organise tout une mise en scène grandiloquente pour montrer à Neo tout ce qu'il a raté, pour lui montrer ce que c'est que la vraie vie.
Les télévisions ne seraient-elles que de pâles reflets de la réalité, elle-même n'étant qu'un pâle reflet d'une autre réalité plus horrible ?

Les ambiguïtés font penser à Total Recall (où même à la fin du film on peut légitiment voir l'ensemble comme un rêve). Le seul regret c'est peut-être le terme de base : les machines qui prennent le pouvoir sur l'homme... thème usé (cf Terminator, les Frankenstein, etc...) et si admirablement réduit en miette par Asimov (as-t-on déjà vu une machine à coudre se rebeller contre un homme ?)

Venons-en au point des ``hackers''.
Le film laisse sous-entendre que seule cette classe de personnes est susceptible de devenir (ou plutôt de redevenir) un véritable humain. Pourquoi ?
Au tout début, Morpheus et Neo ont ce dialogue :
Morpheus : Tu crois au destin, à la fatalité ?
Neo : Non
Morpheus : Pourquoi ?
Neo : Parce que j'aime être maitre des événements.

Qu'est-ce qui caractérise un hacker ? Sa volonté de comprendre. Le savoir est ce qui le motive, il s'en nourrit.
Dans le monde réel(!) il y a un hacker qui s'appelle Kevin Mitnick. Beaucoup de choses se sont dites sur lui, et il a séjourné longtemps en prison avant d'avoir eu un procès. Voici un extrait du livre ``The fugitive Game, online with Kevin Mitnick the inside story of the great cyberchase'' par Jonathan Littman où Kevin disait page 91 :
-One of the reason you become a computer hacker, and this is a
very important point that you should know, is because you want
control. You want to know what's going on in your life. You want
to be able to control your life. [..]
Knowledge is power. I just like to know as much as I can. It makes
me feel more comfortable. [..] A lot of hackers aren't nerds. [..]
-What is it about hacking that appeals to you?
-It's the control, the adrenaline, the knowledge, the having what
you're not supposed to have.
Ainsi Neo aime apprendre le kung fu et tous les arts martiaux que Tank lui inculque... ce dernier en sera même étonné, d'où sa remarque 'comme une machine'.

Dans Matrix, le hacker a deux qualités indispensables. D'abord il se rend compte que quelque chose cloche : Neo fait des recherches depuis longtemps sur Morpheus, a parfois une impression bizarre comme si son rêve de la nuit ne s'était pas arrêté (ce à quoi le ``dealer'' avec la copine au lapin blanc lui répond au début : 'You need to unplug man', ce qui est amusant quand plus tard dans le film on observe comment les gens passent de la vraie vie au monde de la Matrix : en se branchant une ``électrode'' dans le cerveau... et que donc effectivement le fait de l'enlever permettait de revenir dans la vraie vie, ou de mourir quand c'est Cypher qui opère), et Morpheus lui demande même s'il n'a pas un sentiment étrange qui lui colle au corps. (``What you know you can't explain, but you feel it. You've felt it your entire life, that there's something wrong with the world. You don't know what it is, but it's there, like a splinter in your mind, driving you mad.'' Pas étonnant que beaucoup de communications échouent : comment expliquer à quelqu'un ce qui nous paraît évident ?? puis plus tard toujours par Morpheus : ``Have you ever had a dream Neo, that you were so sure was real?'') Dans le monde des hackers, on utilise souvent l'abréviation IRL qui signifie ``In Real Life'', par opposition à cette vie avec les machines.
Et leur deuxième qualité, après s'être rendu compte que quelque chose cloche, c'est de vouloir comprendre, voire au péril de leur vie (cf l'épisode où Neo est libéré grâce à ce miroir qui va l'enveloper, et il joue sa vie à ce moment dans deux sens au moins : il risque de mourir dans la Matrix, et il meurt dans le monde réel car les machines le jettent comme une ordure, car pour elles il est mort), bref il veut contrôler tout ce qui l'entoure, y compris sa propre vie. Neo a donc tous les archétypes du hacker, rivé sur ses machines à longueur de journée, il ne vit presque pas puisqu'il dit aux gens qui le connaissent de ne pas le connaître ("s'il y a un problème, je n'existe pas" au copain de la fille au lapin blanc), espérant (secrétement) qu'il y a quelque part ``quelque chose'' d'autre. Et question relationnel il n'est pas très doué... comme le montre ce dialogue avec l'Oracle :
Oracle: You're cuter than I thought. I can see why she likes you.
Thomas "Neo" Anderson: Who?
Oracle: Not too bright, though.
Il en a même les stéréotypes, comme l'indique la première conversation Neo/Trinity:
Trinity: My name's Trinity.
Neo: *The* Trinity? Who cracked the IRS d-base?
Trinity: That was a long time ago.
Neo: Jesus...
Trinity: What?
Neo: I just thought... you were a guy.
Trinity: Most guys do.
Est-ce réellement que la tournure d'esprit des personnes de sexe féminin n'est pas adapté à ce rôle ? Je ne peux m'y résoudre...
Un hacker ca se croit plus doué que tout le monde... parfois, souvent avec raison :
Trinity: Neo... nobody has ever done this before.
Neo: I know. That's why it's going to work.
Les machines et Internet nous ont ouvert des voies d'accès à la connaissance et de ``vie'' que nous n'avons pas encore fini d'explorer.
Néo à la fin est le seul à pouvoir lire les codes de la Matrice à travers la réalité, alors que les autres depuis toujours arrivent à lire la "réalité" à travers uniquement les codes de la matrice ("moi j'vois une brune là, ..."), bref il réussit à entrer dans les fondations, le code de la matrice, comme dans l'agent Smith qui disparaît... (il n'aimait pas de toute façon ;-) !)... dans une superbe onde de choc... comme si Neo était en train de reprogrammer le monde qui l'entourait en temps réel... d'adapter _son_ monde à _ses_ nouvelles règles. Bref il a réussit à casser les règles, et à faire ses propres règles, i.e. à adapter le monde à lui, plutôt que lui s'adapter au monde qu'on lui offrait. C'est le souhait de beaucoup de hackers je pense... une fois que l'on commence à connaître et comprendre certaines choses, on sait qu'on ne pourra pas vivre ``normalement'' avec les autres. Le savoir est une arme... qui peut se retourner contre soi éventuellement. Ainsi il devient libre... enfin le monde où il est l'accepte, il peut y vivre ``décemment''.
Comme le dit Morpheus : "Free your mind" et "Some rules can be broken...". L'esprit est plus fort, mais l'esprit sans le corps et le corps sans l'esprit ne peuvent survivre. L'esprit est fort mais pour exister il a besoin d'être confronté à la dure réalité(!) des choses via un organe faible, ceci me faisant furieusement penser à un personnage dans la série Buck Rogers, les connaisseurs comprendront.
Attention cependant : "There is a difference between knowing the path and walking the path". Il ne suffit pas de s'auto-persuader : quand Neo se lance à lui-même de belles paroles ("Free my mind... ok... ok dokey...), cela ne suffit pas pour qu'il réussise son saut... et il atterit donc dans le bitume élastique. Ceci me fait penser à un article dans La Recherche sur la difficulté d'apprendre aux ténors et autres sopranos à utiliser leur organe vocal, à le maîtriser pour réussir à en faire ce qu'ils voulaient en faire, car il n'était pas possible d'expliquer avec des mots ce qu'il fallait faire... Encore une fois on retrouve là la prison dans laquelle les mots nous enferment, et dans laquelle on s'enferme. Car il est tellement plus simple d'essayer de catégoriser les choses, de mettre des mots sur tout... Mais n'y a-t-il pas des choses qui passent à travers ce filet ? J'ai toujours pensé que si !

Aussi l'entretien du DRH avec Neo au tout début, où celui-ci l'explique d'une part que si thomas Anderson en tant qu'individu a un problème alors c'est toute la compagnie (MetaCortex, admirez au passage le jeu de mot) qui a un problème (un réel mensonge... tout le monde est anonyme et seul) puis que les règles devaient s'appliquer à tous (``You think the rules don't apply to you''). (Mal)Heureusement les hackers veulent vivre dans un monde où ce sont eux qui font les règles, telles qu'elles leur paraissent ``logiques'' et ``raisonnables''. Ce qui est amplifié par la conclusion du film :
I know you're out there. I can feel you now. I know that you're afraid.
You're afraid of us. You're afraid of change.
I don't know the future. I didn't come here to tell you how this is going to end.
I came here to tell you how it's going to begin.
I'm going to hang up this phone and then I'm going to show these people what you don't want them to see.
I'm going to show them a world without you.
A world without rules and controls, without boarders and boundaries.
A world where anything is possible. Where we go from there is the choice I leave to you.
Les hackers IRL pourraient dire exactement la même chose, eux qui désignent par ``suits'' tous ces ``anonymes'' en costard-cravatte standardisé qui mènent leur petite vie pépére.

Je ne peux nier que je me suis beaucoup retrouvé dans l'image de Thomas Anderson, ne serait-ce que par cette volonté farouche de vouloir à tout prix tout comprendre. Et d'être très mal/malheureux quand il ne comprend pas... au point de ne pas avoir peur de mourir quand l'espoir d'avoir autre chose est là. J'attends cependant de trouver une Trinity (ah la belle Carrie-Anne Moss... et si dégourdie ;-) en plus !) qui réussira à m'entraîner de l'autre côté du miroir et à me montrer tout ce que j'ai raté, tout ce qu'il se cachait derrière.
Et j'aurai encore plus de mal à nier que je ressens de manière atroce ce sentiment évoqué par Morpheus (``You've felt it your entire life, that there's something wrong with the world'').
Tout ceci est renforcé par un rêve que j'ai pu avoir peu de temps avant de connaître cette histoire. Ca faisait longtemps que j'en faisais plus (ou plutot que je ne me rappelais plus ceux que je faisais) et puis il y a à peu près 2 mois, j'en ai fait 3 en une semaine... les 3 incluant une personne qui jouaient (joue encore d'ailleurs, puisque depuis tous les rêves que je fais l'incluent) un rôle très important dans ma vie affective (Mlle Flotte se reconnaîtra ;-) !); mais le point important c'est que l'un des trois se finissaient justement avec un drôle de goût. A la fin ca se finissait sur un départ, je m'en allais, et j'avais écho d'une discussion au loin où quelqu'un disait (à mon sujet) : "Pas encore, il est trop tôt". Et la dernière image que j'ai après cela , c'est un bras (supposé être à moi) et une seringue qui injecte un produit... Cela trouble, dans le sens où cela me met mal à l'aise et me fait poser des questions qu'il serait peut etre mieux que je ne me pose pas) !
Mais bon ca reste entre nous, je ne vous ai rien dit.

Les rêves justement...
J'avais lu une nouvelle d'Asimov où les personnages arrivaient en fait à la conclusion que notre "sommeil" n'était en fait que la période d'activité dévolue à une autre espèce qui "parasitait" notre cerveau/esprit et que les rêves jouaient un rôle de communication ou de défense.
Personne ne sait très bien ce que sont les rêves et encore moins à quoi ils servent : en effet les périodes de rêves font consommer au cerveau autant d'énergie (de sucre) que les périodes d'activité, ce qui semble être superflu s'il n'y a pas de finalité. On rêve toutes les nuits, et partout on ne s'en rappelle que de quelques-uns... Pourquoi ? Là encore un hacker aimerait bien comprendre. Ma vision (et pas explication) personnelle est ainsi : c'est une "relaxation", tout comme les choses qui sont tendues et qui travaillent, peuvent, en se détendant, parfois, provoquer des choses bizarres...
C'est une thème récurrent du film... le rêve est une réalité qu'on ne peut nous pas différencier de l'autre vérité... Alors laquelle des deux est la ``vraie'' ?

Quelques bizarreries
Il y a quelques points que je n'ai pas bien compris.
Ce qui m'a étonné par exemple c'est Zion : pourquoi parlent-ils de codes et d'ordinateurs ? La dernière cité vraiment humaine utilise encore des ordinateurs alors que ceux sont eux qui ont "aliénés" les hommes? C'est pour le moins étrange...
Quand Neo est enlevé par Swith et Trinity, mais qu'il n'est pas sûr de lui, Trinity lui dit : "Neo, you've been down that road before. You know exactly where it ends.". Justement je pense que Neo ne sait pas où tout cela finit, et bref j'ai pas bien compris cette remarque.
L'IA (l'intelligence artificielle) qui a détrôné les humains, ne semblent cependant pas être très futée. Les humains non plus d'ailleurs, dans leur hypothèse qu'elle avait besoin d'énergie solaire pour fonctionner d'où leur décision de détruire le ciel... depuis quand un ordinateur fonctionne à l'énergie solaire ?
Se pose aussi la question de savoir comment l'IA, à la fin, à repérer Neo & Trinity ce qui lui a permis de prendre la place du vieillard... Est-ce dès que quelqu'un fait un passage Matrix->monde réel comme cela semble le montrer ? Mais alors la bande à Morpheus aurait dû être capturée depuis bien longtemps...

L'épisode de l'Oracle m'a laissé un goût bizarre.
Bien sur l'Oracle dit à Neo ce qu'il voulait entendre : l'Oracle lui 'force' ainsi un destin, que Neo n'accepte pas, par prétention peut-être ou plutôt comme il le dit lui-même car il veut rester maître de sa vie. Neo réussit cependant à changer quand il se rend compte que la première prédiction 'Morpheus donnera sa vie pour toi, ca sera lui ou toi' est fausse, puisqu'il réussit à le libérer.
De toute façon l'Oracle dans le monde de la matrice ne pourra certes pas voir qqun réellement tel qu'il est juste en regardant ses mains... Alors pourquoi tout le monde lui accorde-t-il du crédit ?
C'est peut-être le seul moment que j'ai trouvé faible... tout en me demandant si ce n'était pas tout simplement une manipulation ourdie par Morpheus et consoeur pour 'secouer' le Neo qui doutait... Mais alors ca en devient tordu et complexe... ce qui n'est pas forcément désagréable (il n'y a qu'à voir le jouissif ``Usual Suspects'' !)

Finalement la morale du film semble être qu'il faille mourir pour vivre... Neo meurt deux fois avant de vivre réellement : la première fois il descend en trombe et de façon magistrale les égouts comme un rebut pour être repêché par Morpheus et ses acolytes, la deuxième fois il meurt à nouveau à l'intérieur de la Matrix, et ressuscite grâce à une petite aide extérieure, un baiser de Trinity.
Et qu'il faille de l'amour pour vivre... car Neo ne devient réellement l'élu que grâce à l'amour de Trinity ! Etre l'élu c'est comme être amoureux : personne ne peut l'expliciter, mais pourtant on le sent, ``from balls to bones'' comme dirait l'Oracle ! Cela signifierait-il que notre vie ne commence à prendre un sens que si on existe aux yeux de quelqu'un, que cela soit ses amie(s), ses parents, ses amant(e)s ? Qu'est-on alors si personne ne nous regarde ? N'oublions pas la remarque de Neo quand il s'apprête à s'enfuir de MetaCortex en passant par l'échafaudage : "Mais qui suis-je ? Je ne suis personne, je n'ai rien fait."
"Fuir" serait le mot-clef, ou éventuellement ``se dépasser'' pour les optimistes...

Des suites sont (heureusement?) déjà prévues : http://entertainment.news.com.au/news/4268771.htm (copie locale)
En effet, la conclusion 'ouvre' l'idée générale et ne la ferme pas. On peut penser, après le combat contre la Matrix, au combat contre les gens, les ``zombies'' qui l'habitent, car leur faire voir la ``réalité'' ne sera pas évident, comme l'explique Morpheus certains seront prêts à défendre le monde d'illusions dans lequel ils vivent. Il est aussi fait mention dans le film d'autres vaisseaux et d'autres commandants, l'Oracle en étant un peut-être.

Site officiel : http://www.whatisthematrix.com/
avec quelques mots de passe pouvant être utiles pour voir certaines parties cachées du site :
agentbullettime
darrow
dejavu
geof
guns
lobby
matrix
mirrormirror
morpheus
neobullettime
nabuchodonosor
sentinel
skroce
steak
trinity
wrong#
Le site officiel propose des explications sur le fonctionnement de certains effets spéciaux (notamment ceux où Neo évite les balles) et cela vaut vraiment le coup d'oeil...

Le magnifique site d'un fan : http://www.intothematrix.net/

Vous pouvez aussi maintenant achetez des vêtements, lunettes comme dans le film à cette adresse : http://www.wrdesign.com/matrixgear/ Même si vous ne voulez rien acheter, un détour s'impose, car vous découvrirez certainement des détails du film qui vous avez échappés.

Vous trouverez de nombreuses hypothèses face aux nombreuses questions du film sur la FAQ Matrix : http://members.xoom.com/moospring/tmfaq.html avec de très nombreuses références et allusions mises à jour.

Un article très intéressant sur la symétrie dans le film : http://www.deja.com/[ST_rn=ps]/getdoc.xp?AN=466864701 ainsi que les derniers paragraphes de http://www.shootthemessenger.com.au/u_may_99/f_matrix2.htm au sujet du téléphone omniprésent dans le film, son rapport avec la parole, et le toucher.

Si vous voulez absolument obtenir la vidéo pirate sur Internet du film (2x 700Mo) commencez là : http://www.acmecity.com/cgi-bin/homepage/wbnavbar.pl?content=news&acmesite=thematrix et vous devriez trouver après.

La correspondance entre les morceaux de musique du CD et leur utilisation dans le film : http://i.am/swmusic/. Vous trouverez aussi de nombreux extraits sonores du film là : http://members.xoom.com/moospring/matrix/ et encore plus ici : http://welcome.to/the.matrix. A cette dernière adresse vous trouverez aussi un des premiers scénarios du film.

Pour les vidéos, outre le site officiel, il y a http://members.xoom.com/tridave/matrix.htm

Pour avoir un ``thème de bureau'' Matrix : http://plaza.v-wave.com/phiberoptik/thematrix/ ainsi que d'innombrables photographies : http://homes.acmecity.com/thematrix/tank/92/index.html

Sans oublier le site web uniquement dédié à la magnifique Carrie-Anne Moss : http://www.carrieannemoss.com/

L'excellent magazine français SFX a consacré plus de 40 pages d'article à Matrix, éparpillées dans les numéros de mai, juin et juillet 1999, ce dernier comportant de plus plusieurs grands posters du film.

Merci à Cédric pour de nombreuses idées et pour de fructueux échanges au sujet de ce film.



Aujourd'hui...
© Alone (25-08-1999 23:20:58)