La fin de l'Avertissement donne la philosophie de ce livre :
"Puissent ces quelques pages aider ceux qui cherchent à se libérer de la souffrance."
Difficile de le lire donc sans éprouver quelques émotions fortes, surtout si l'on est justement en
plein dedans.
Avec le livre est joint un joli marque-page avec la même illustration et la citation :
"Tu ne peux savoir qui tu es que si tu as été aimé."
(voilà donc pourquoi je n'arrive pas à me définir ?)
Extraits (gras par mes soins, et commentaires personnels entre parenthèses):
p.18 : "Nos objets d'aversion pourraient être des objets de désir et nos objets de désir
des objets d'aversion. De plus, ces objets n'existent dans notre monde subjectif que parce que
nous leur accordons de l'importance. Mais cette importance pourrait être autrement distribuée.
Mieux, notre intérêt pourrait être partout distribué, et sous tous les rapports,
si bien que ces objets-là ne se détacheraient plus particulièrement sur le fond de notre
expérience. Autrement dit, nous pourrions être désintéressés."
p.22 : "La haine de soi mène à la sensation que l'autre vous hait, car nous
projetons nos sentiments et nos pensées dans le monde. La croyance que l'autre vous hait
entraîne immanquablement la haine de l'autre. L'autre, puisque vous le haïssez, va vous haïr,
ce qui confirmera vos premières pensées et entretiendra le cycle. C'est ainsi que des pensées
haineuses, à commencer par la haine de soi, créent un monde de haine."
p.23 : "La sagesse consiste à cesser de projeter, et donc à se tenir effectivement
présent et ouvert au lieu de fabriquer, de refabriquer sans fin le monde qui correspond
à notre pensée... et d'en subir les conséquences.
Au lieu de mettre en scène à grands frais le scénario qui nous dirige à notre insu, nous pourrions
simplement accéder à l'espace ouvert tel qu'il surgit seconde après seconde, nous pourrions
lâcher prise et regarder ce qui se passe... Nous découvririons probablement que rien d'horrible
ni d'effrayant ne survient, au contraire. Au moins, nous découvririons quelque chose.
Le malheureux vit dans un monde hostile, plein d'obstacles. Il se trouve étranger dans un monde
qui l'agresse et le frustre. Le sage, en revanche, est infiniment riche d'un monde qui lui
appartient. Le monde l'aime. Le monde lui envoie l'amour qu'il a pour lui-même."
p.24 : "'On peut conquérir un million d'hommes en une seule bataille, mais
le plus grand guerrier se conquiert lui-même.' Dhammapada"
p.29 : "Un singe ne médite pas. L'homme seul est capable de s'identifier à sa conscience
au lieu de se perdre dans ses sensations, ses émotions, ses pensées. L'humain est unique parce
qu'il peut se détacher de ses désirs, de ses aversions, de ses espérances et de ses peurs.
En cultivant sa conscience, notre espèce peut se libérer de ses impulsions et de ses illusions."
p.32 : "L'intention
Chacune de nos pensées, de nos paroles et de nos actes est gouvernée par une intention. Apprenons
à remonter le fil de nos pensées pour découvrir l'intention profonde qui l'a inspirée.
Les dispositions de notre âme à l'amour et à la souffrance sont fortement conditionnées par ce que
nous voyons et entendons autour de nous, et plus particulièrement par ce que nous sentons des intentions
des autres à notre égard. Plus les êtres sont proches de nous, plus ils participent au modelage de notre
âme et au tissage de notre vie. Symétriquement, nous sommes tenus de connaître honnêtement nos
intentions et nos sentiments, de contrôler nos paroles et nos actes, parce qu'ils contribuent à
tricoter l'âme des autres, et notamment celles de nos proches. Chaque âme étant pleine des âmes des autres,
choisir pour soi de cesser de souffrir revient à choisir aussi d'aimer les autres.
Chaque fois que tes intentions ne sont pas pures, ne dis rien, ne fais rien. Attention ! Reconnais
immédiatement la nature de tes intentions, parce que la pensée se transforme très vite
en grimaces, en paroles, en actes irréversibles !
Comment choisir tes pensées ? Comment distinguer celles qui sont animées de compassion, de gentillesse
et d'amour, de celles qui sont dictées par les poisons de l'esprit ? Comment peux-tu reconnaître
tes propres intentions ? Surtout n'écoute pas ce que dit la pensée. Sois plutôt attentif
à son rythme, à sa mélodie, à son timbre, à son accent. Est-elle rapide, violente, pointue ?
Est-elle lente, lourde, brûlante ? Est-elle froide, métallique, insensible ? Est-elle affolée,
agitée, dispersée ? Mielleuse, gluante, collante ? Ou s'élève-t-elle libre, précise,
légère, joyeuse, paisible ? Médite. Ecoute inlassablement.
Veux-tu prendre ? Veux-tu donner ? Veux-tu briller dans le monde ? Veux-tu la guerre ou la paix ?
Veux-tu dominer ? Veux-tu vaincre ? As-tu envie de frapper ? Veux-tu faier plaisir ? Es-tu animé
du souci des autres ? Contemple ton visage dans le miroir de tes intentions.
Chaque élément du décor de nos vies, comme l'ensemble de ce qui peuple le monde humain, institutions,
techniques, oeuvres de l'esprit, tout ce qui nous entoure matérialise des intentions.
Chaque intention, chaque pensée, chaque parole, chaque acte humain se répercute à l'infini, tourne
et revient sans cesse sous de nouvelles formes au sein d'un immense système de causes et d'effets,
qui s'étend à une hiérarchie insondable de mondes célestes et terrestres, passés, présents et à venir.
Ce sont les intentions, avant même les pensées, les intentions les plus secrètes, les plus
cachées, les plus inconscientes, les plus imperceptibles, qui entraînent le plus d'effets. Les bonnes
intentions déclenchent un afflux d'amour dans le monde, les autres provoquent un accroissement
de souffrance chez tous les êtres. C'est pourquoi il importe tant de parvenir à la connaissance
et à la possession de soi."
p.33 : "Nous sommes intégralement les auteurs de tout ce qui nous arrive. Les événements de
notre vie, toutes les facettes de notre monde extérieur sont des projections de notre monde
intérieur. En vérité, il n'y a qu'un seul monde, dedans et dehors confondus. Nous produisons continuellement
ce monde unique, non seulement en interprétant nos perceptions et les situations
dans lesquelles nous sommes plongés, mais, de manière beaucoup plus effective, en appelant notre
destin, en sécrétant continuellement les gens, les lieux, les événements. Nous ne les avons sans
doute pas provoqués consciemment et délibérément, mais notre être profond les a fait émerger : ils
ont été appelés par le murmure innombrable de nos intentions."
p.35 : "Voici la condition humaine : on est seul, perdu, on a mal, on est possédé
d'un immense besoin d'amour. Tout le reste est construction artificielle."
p.35 : "Nous souffrons parce que nous sommes sensibles.
L'irritabilité est le propre de tous les êtres sensibles. Pour ne plus souffrir, nous devrions être engourdis,
anesthésiés, morts-vivants. Une attention soutenue et bien exercée à nos sensations physiques et à nos
états d'esprit nous convainc bientôt que notre souffrance est constante. Ou bien nous sommes
la proie d'un malaise physique ou mental ; ou bien, parfaitement satisfaits, nous jouissons d'une
sensation de bien-être. Mais la peur de sa dissolution mine secrètement cette agréable sensation.
Et plus nous obtenons satisfaction, plus nous nous habituons au plaisir, plus nous en sommes dépendants,
et plus cette addiction entraîne de soucis, de craintes, de souffrances sans nombres. Nous sommes
tous des drogués à notre manière. C'est précisément à cause du caractère permanent de la souffrance
(quoiqu'elle se présente sous des visages et des intensités fort variées) que nous avons tant de mal
à vivre dans l'instant : en étant pleinement présents, nous coïnciderions avec notre souffrance,
avec la souffrance de tous les êtres sensibles. Nous fuyons la souffrance présente, nous courons
après les supposés plaisirs à venir, nous nous absentons perpétuellement. Nous croyons éviter
la souffrance en nous insensibilisant de mille manières. Pourtant, nous ne pourrions la maîtriser
qu'en l'étudiant et nous ne pouvons l'étudier qu'en revenant à notre sensibilité fondamentale."
p.38 : "Le coeur tendre - ou la vulnérabilité - forme le noyau de la générosité, de la compassion,
de l'éveil, de la sainteté. C'est aussi la vraie source de l'intelligence. Tous les êtres la possèdent,
mais tous ne savent pas que le plus précieux des joyaux se présente de manière aussi simple.
Dans la tradition chrétienne, il est dit que ceux qui ont le pouvoir de sentir complètement leur
souffrance et celle des autres - de la sentir à en pleurer - ont le ``don des larmes''. Seuls de
grands saints et de grandes saintes ont eu ce ``don des larmes'', aussi merveilleux que la grâce
du sourire.
Le fond de la sagesse, l'intelligence du coeur, la grande sensibilité, cela n'est finalement rien
d'autre que notre propre vulnérabilité, très humble et très ordinaire, mais qui peut briller
plus fort que mille soleils si nous décidons de l'écouter et de l'honorer."
p.39 : "Sens la texture, la qualité, l'intensité de tes émotions, plutôt que de croire
ce qu'elles te représentent. L'émotion est parfaitement réelle. C'est le lien de l'émotion à ses
objets qui est illusoire. Tu es effectivement avide, mais tu n'as pas vraiment besoin
de la cible particulière de ton désir. Tu es certainement irrité, mais l'objet de ton irritation n'est pas
sa cause. Quand tu sens l'émotion, tu es présent. Quand tu crois ce qu'elle te représente, tu es pris
au piège de l'illusion, tu rêves, tu es absent." (il faudrait donc probablement arrêter de vouloir
mettre des mots sur tout, et de vouloir tout comprendre, et tout cataloguer, pour revenir à une démarche
plus contemplative...)
p.40 : "Si nous observons attentivement nos émotions au lieu de leur faire crédit, elles
perdent leur pouvoir sur nous."
p.41 : "Sens tes émotions positives. Sans les forcer, laisse-leur l'espace pour émerger, ici et
maintenant, à propos de presque rien. Une bouffée d'air frais, la rencontre d'un ami, le choc d'un paysage,
l'éclosion d'une idée, une gorgée de vin, le simple fait de vivre et de respirer. Cela ne veut pas dire
que tu dois te voiler la face devant le mauvais ou le médiocre de l'existence, mais que tu peux goûter ce
qu'il y a de bon dans chaque situation. Et il y a toujours quelque chose de bon.
Ne fuis pas les émotions positives, l'amour, la joie, la douceur, la reconnaissance, parce qu'elles
sont le sel de la vie, le bonheur. Laisse-les monter, laisse-les s'épanouir, goûte les. Bien souvent,
plutôt que de les vivre au présent, tu t'en souviens au passé, tu les escomptes dans l'avenir, tu les
esquives dans la course, tu les escamotes dans la précipitation, tu les noies dans d'infinies préparations,
tu les négliges dans la distraction, puis tu regrettes, plus tard, de n'avoir pas saisi l'occasion de les
éprouver pleinement. Et c'est ainsi que tu passes à côté de la vie."
(le ``Et il y a toujours quelque chose de bon'' consiste en une face de la médaille. Cependant toute médaille
à deux faces, et il n'est pas sûr que l'une soit plus ``véridique'' que l'autre. Quand à ne pas fuire les
émotions positives je suis tout à fait d'accord, encore faut-il les percevoir même si on ne les attend pas
dans le futur et qu'on ne les a pas eu dans le passé. Effectivement sans elles il est bien difficile de vivre.)
p.43 : "Sois très attentif aux émotions que suscitent en toi les gens qui t'entourent. Que
cela t'aide à choisir tes relations, tes amis, tes amours." (et si elles nous disent
de toujours changer de relations, d'amis, d'amours ? si elles nous disent qu'on ne les trouve jamais ?)
p.44 : "L'armure que tu as ajustée à ton âme pour la protéger des coups ne laisse pas
non plus passer les caresses.
Nos blessures sont nos plus grandes richesses. Elles maintiennent ouvert le chemin qui mène au coeur.
Quand tu gèles ton coeur pour qu'il ne sente pas la souffrance, il meurt aussi pour la joie. Ne deviens
pas un mort-vivant!
L'insensibilité à la souffrance entraîne la mort de l'âme."
(et le repos éternel, si j'osais prolonger cette dernière phrase. quand on a beaucoup de coup et peu de
caresses mieux vaut-il éviter les coups, et donc malheureusement les caresses, ou tout éviter ?
la réponse n'est pas si évidente que ca, et dépend de la capacité de chacun à supporter ses
souffrances.)
p.47 : "Et voici le pire : qui est rongé par la colère et la haine de soi fera vivre aux autres
sa colère et sa haine au lieu de les vivre pour lui-même ; l'être tenaillé par une frayeur qu'il ne peut
s'avouer fera vivre les autres dans la peur, et ainsi de suite. Ce qu'une personne nous fait ressentir
est un excellent indice de ce qui l'habite sans qu'elle veuille le sentir."
p.48 : "Si assuré et ferme que tu sois, ne cause de peine à personne;
Que nul n'ait à subir le poids de ta colère.
Si le désir est en toi de paix éternelle,
Souffre seul, sans que l'on puisse, ô victime, te traiter de bourreau.
Omar Khayyam"
p.52 : "On ne souffre que d'une chose : ne pas être capable d'aimer.
Ne pas être capable d'aimer, c'est-à-dire de s'aimer, soi, d'aimer l'instant, d'aimer le monde et les autres
tels qu'ils sont. C'est parce que l'on ``n'aime pas'' ce qui est qu'on se voue à l'avidité
et à l'agression."
p.52 : "Aimer, être compatissant, revient à souffrir de ce que l'autre souffre.
[..] Le vrai plaisir, c'est d'aimer. Marcher sur terre sans être capable d'aimer est la souffrance
suprême.
[..] Le désir de ne jamais faire souffrir, ni soi ni les autres, l'amour universel,
voilà l'éveil, la cessation de la souffrance."
(et si justement pour ne jamais faire souffrir les autres, il faut se sacrifier et s'absenter ?)
p.56 : "Du centre brûlant de ton coeur, envoie la joie et le bonheur à tous les êtres
sensibles. N'oublie pas pour autant de faire la vaisselle."
p.57 : "Quand on n'a jamais connu l'amour, il est très difficile de distinguer
l'amour de la dépendance.
L'amour qui fait mal n'a de l'amour que le nom. Sois présent! Sens!
Aimer sans être aimé, c'est choisir de ne pas s'aimer, faire entrer le non-amour dans sa vie.
Aimer quelqu'un qui vous fait du mal revient, sans détour, à se faire du mal.
[..] Aimer ne veut pas dire être gentil, offrir des cadeaux, faire ce que l'autre demande,
imiter l'amour, vouloir se refléter dans l'autre, s'accrocher à quelqu'un qui nourrit votre ego,
vouloir sauver l'autre, etc. C'est l'amour plein, le coeur brûlant, et lui seul, qui est la source
de toute connaissance.
Quel extraordinaire sentiment d'aimer et d'être aimé! D'être en contact, d'âme à âme
avec quelqu'un! De ne plus être seul! Avoir cette expérience permet de se rencontrer
et de s'aimer soi-même."
(à priori, on ne choisit pas si l'on est aimé ou pas, ni qui nous aime... même si on doit probablement
jouer un rôle dans ce processus ``d'élection''... alors c'est difficile... et il n'y a bien que ceux
qui ont déjà eu cette expérience, ce contact, qui peuvent parler de sentiment extraordinaire)
p.58 : "Tu ne peux savoir qui tu es que si tu as été aimé."
(notre ``salut'' passe nécessairement par les autres alors? aucune possibilité d'atteindre un équilibre
en étant seul?)
p.59 : "Aime-toi tel que tu es. Aime-toi immédiatement.
Si tu ne t'aimes pas, comment peux-tu demander d'aimer quelqu'un que tu n'aimes pas? Aucune personne
sensée ne pourrait te suivre. Tu n'attirerais que des fous...
Dès que tu t'aimes, tu as beaucoup moins ``besoin'' de l'amour des autres, car
désormais tu es aimé(e)! T'aimant, étant aimé(e), tu ne te jetteras plus dans les bras
de n'importe qui pour fuir ta solitude. Puisque tu t'aimes, tu sais à quel point tu es précieux (euse),
et tu veux ton bien. C'est alors seulement que tu pourras choisir, choisir vraiment, choisir quelqu'un
que tu aimes et qui t'aime.
Qui ne s'aime pas utilise les autres pour combler ses déficits, il cherche un ego complémentaire du sien.
On ne peut aimer véritablement les autres que si l'on s'aime soi-même."
(voilà donc la cause de si peu d'amour ?
mais si on en vient justement à ne pas s'aimer à cause des autres? cela devient un cercle vicieux : si
on ne s'aime pas parce que les autres ne nous aime pas, et que les autres ne nous aime pas parce que
l'on se s'aime pas... qui a commencé ? qui a tord, raison ? probablement personne ou tout le monde.)
p.61 : "L'observation microscopique de nos pensées révèle que nous portons constamment, quoique
presque inconsciemment, un jugement négatif sur nous-mêmes, nos actions, nos paroles et nos pensées.
Il est difficile de cesser de se juger, il est difficile de cesser de souffrir, il est difficile de
s'aimer parce que le dénigrement de soi est un réflexe intime de notre esprit. L'amour réclame
un déconditionnement énergique, intensif et prolongé. Nous devons même abandonner l'idée qu'il nous
est difficile d'aimer."
p.62 : "Notre bonheur ne dépend que de nous puisque être heureux c'est s'aimer soi-même.
S'aimer soi-même, d'accord, mais qui ``soi''? On ne peut pas s'aimer si l'on ne se connaît pas!
Or on ne peut se connaître que si l'on s'aime.
[..] Aimer l'autre, c'est reconnaître et vouloir que le monde de l'autre soit beau."
p.64 : "L'amour est la connaissance parce que sans aimer ni être aimé il n'y a aucune manière
d'orienter sa vie.
[..] Savoir, au sens le plus fondamental, c'est avoir expérimenté, rencontré, connu le goût et la texture de l'amour.
On ne connaît que si l'on aime."
(voici donc la raison de tant de vie désorientée, sans début ni fin, sans but, sans avancées...)
p.65 : "Au moment où elle nous tient, chaque pensée nous semble la plus importante, la plus urgente.
Mais cette pensée cède la place à une autre, si bien qu'en réalité aucune pensée n'est importante."
p.70 : "Sois heureux un instant. Cet instant, c'est ta vie. Omar Khayyam"
(un si bref instant... et pourtant si on l'a pas, tout nous manque)
p.71 : "Aucun bien n'est supérieur à la joie d'exister ici et maintenant."
(aucun bien... ca j'admets tout à fait... par contre il y a des choses ``supérieures'' à la joie d'exister
ici et maintenant, Cioran en mentionne quelques-unes)
p.72 : "Tu es pour la joie, pour le bonheur? Tu es pour l'amour, pour la paix? Unis à ta vie à tes idées
et tes idées à ta vie, concrètement, à chaque seconde, maintenant, ne repousse pas le moment.
Car compte uniquement sur cette vie-ci. La vie immédiate est seule réelle. Sois l'amour, sois
la paix, sois la joie. Maintenant. Toute le reste est hypocrisie."
(tout est hypocrisie... le reste et même cela)
p.77 : "Ce que la vie a de plus extraordinaire se trouve dans les moments ordinaires. A n'importe
quel moment. Maintenant."
p.78 : "Tu es dans une certaine situation. Tu es cette situation. Mais tu imagines qu'une autre
situation serait meilleure, ou que la situation sera meilleure plus tard, ou qu'elle était meilleure avant, ou
que d'autres jouissent d'une meilleure situation, ou que cette situation n'est qu'un moyen pour en obtenir une autre.
Tu n'es plus là. En fuyant ce que tu désignes comme une souffrance ou en poursuivant ce que tu t'imagines
être le bonheur, tu ne vis pas la seule vie qui soit à ta disposition, celle de l'instant.
Tu es tellement occupé par la pensée de ce que les choses devraient être ou pourraient être que tu ne vis pas
en pleine conscience la seconde de vie qui t'est donnée maintenant, la seule qui compte, la seule qui existe
vraiment. Tu te voles à toi-même ta propre vie."
p.79 : "La souffrance naît de ce qu'on imagine, craint ou espère une autre situation que
la situation présente. Si nous adhérions aux choses telles qu'elles sont, il n'y aurait que de l'énergie."
p.79 : "L'esprit n'est généralement pas dans un état calme qui lui permette de voir la réalité telle qu'elle
est. Il est mû par une sorte de hâte, d'urgence, de fièvre, de désir, de soif, d'avidité, d'irritation, qui lui fait
perdre son état naturel. Il est toujours agité de pensées. Dès que nous sommes intégralement présents, nous
n'éprouvons plus le besoin d'aller ailleurs, et l'esprit cesse de s'agiter. Laisse l'esprit reposer dans son
état naturel. Apaise le désir, la hâte, la précipitation. Tu verras les choses telles qu'elles sont."
p.89 : "L'amour est une implication réciproque des âmes et de leurs différences. [..]
Aimer, c'est éveiller l'autre en soi."
p.90 : "Chacun de nous signifie tant de choses pour ses proches. Des choses qui ne sont pas ``nous'', mais
qui le deviennent."
p.91 : "Tous les êtres que nous rencontrons ``sont'' nous-mêmes. Tous portent une part essentielle
de notre énigme, ce sont des dépêches chiffrées, des mystères que nous devons éclaircir pour nous comprendre et
devenir qui nous sommes. Notre mère, notre père, nos frères et soeurs, notre conjoint, nos enfants, nos amis,
nos collègues sont autant d'arcanes à percer, autant de messages que notre âme s'envoie à elle-même. Chacun de ces
êtres est notre être propre. Ils nous constituent. Ils détiennent le secret de notre identité. Et cela peut
s'étendre à l'univers entier : le lieu où nous vivons, notre société, notre époque. Ils nous ont créés et nous
les créons. Cette production réciproque et paradoxale ne doit pas s'entendre à la manière dont le potier fabrique
un pot mais plutôt de la façon dont le rêveur sécrète le rêve qui fait le rêveur."
p.92 : "La souffrance physique nous avertit le plus souvent d'émotions cachées : quelque chose
ne va pas dans notre situation. Nous sommes trop loin, encore trop loin de nous-mêmes.
[..] Ton monde représente ton coeur en caractères chiffrés. Tu peux déménager, transformer ta situation
familiale, changer de métier, te faire de nouveaux amis, découvrir des milieux inconnus, t'ouvrir à des
intérêts différents. Cela contribuera sans doute à ta métamorphose car le monde qui t'entoure
modèle et nourrit la vie de ton âme. Mais tout cela ne sert à rien si tu reproduis ailleurs des situations
analogues. Il est impossible de se fuir soi-même. Ne prends pas le signe pour ce qu'il signale.
L'ego reconstruit inexorablement le milieu qui le nourrit."
p.94 : "Il n'ya pas de liberté sans renoncement. Lâche prise sur tous tes objets d'avidité et d'agression.
Lâche prise sur tout idée de ce que devraient être les choses. Cesse de t'agripper à une image de toi. Abandonne
l'ego. Vivre pleinement chaque seconde revient à accepter de mourir à chaque seonde."
p.104 : "Quand nous voyons quelqu'un désirer ou repousser, aimer ou ne pas aimer, s'accrocher
ou se hérisser, alors nous devons penser : il souffre, et sentir de la compassion."
p.109 : "Il a ce que je n'ai pas. J'ai ce qu'ils n'ont pas. Il est plus beau, plus fort, plus heureux
que moi. Ils s'amusent pendant que je travaille. Je vaux moins que... Je vaux plus que... Je suis plus heureux que...
Je suis plus intelligent que... Je suis meilleur que... A chacune de ces pensées, nos âmes saignent. La comparaison
est la griffe du diable."
p.111 : "La pensée nous amène à souffrir. Elle nous entraîne dans l'avidité, l'agression, la peur,
l'espoir, l'illusion... Si nous nous contentions de sentir, nous éviterions tout naturellement la
souffrance."
p.114 : "La personne agressive se sent agressée.
La personne irritée (en colère) est irritée (ultrasensible, douloureuse, comme on parle d'une peau irritée).
Le mot ``irritation'' désigne avec beaucoup de justesse à la fois la colère et la souffrance.
La personne agressive ne pense pas : ``Je suis agressive.'' Elle ne sent pas sa propre agressivité, elle
ressent en revanche avec beaucoup d'intensité l'agression de l'autre. Elle est très vulnérable."
p.114 : "La personne agressive se sent agressée, c'est-à-dire mal aimée. Elle a besoin d'être aimée,
elle veut être aimée, elle croit que sont droit d'être aimée lui est refusé.
Derrière toute agression, aussi hérissée de concepts et de justifications soit-elle, gît l'immense détresse
d'un enfant, la peine de coeur d'un petit enfant dont les pleurs n'ont pas été accueillis. Retrouve
cette vérité en toi-même.
La personne qui s'aime elle-même n'a pas ``besoin d'être aimée'', reconnue, valorisée, etc. Le monde ne lui
refuse rien. Le monde n'empiète pas sur son territoire. Le monde ne lui est pas agressif a priori.
Elle peut être bonne, généreuse, aimer vraiment."
p.117 : "Seul celui qui s'aime et se connaît peut aimer et connaître l'autre et, donc, ne pas
répondre à l'agression par l'agression, enrayant ainsi le cycle infernal de l'irritation."
p.118 : "La souffrance est une agression de soi. Toute agression de l'autre est la contrepartie
d'une souffrancede l'agresseur. L'agression fait souffrir. L'agression signale le passage de la
souffrance."
p.119 : "L'origine d'une souffrance particulière est une série indéfinie d'actes mentaux,
verbaux et physiques, sans oublier la manière dont une foule d'êtres, y compris nous-mêmes, ont choisi
de se laisser affecter par ces actes et leurs conséquences. L'origine de la souffrance est donc partout
distribuée dans le temps et dans l'espace.
L'origine de la souffrance se trouve dans une multitude indéfinie d'actes et dans la façon dont ces
actes ont été transmis, traduits, transformés et reçus. L'origine de la souffrance
ne peut être une personne."
(... mais il est tellement plus facile de mettre des étiquettes sur tout et de tenir certaines
personnes pour personnellement responsables de tels ou tels maux.)
p.123 : "Nul n'est méchant, il n'y a que des âmes malades."
p.127 : "Aucune vie ne demande d'être justifiée ni sauvée. Nous
n'avons pas besoin de salut. Nous n'avons aucune obligation de nous améliorer. Nous n'avons
pas le devoir de ``réussir'' quoi que ce soit. Il n'y a pas de différence entre une vie
ratée et une vie réussie."
p.128 : "Habitue-toi à exister sans raison, sans justification, sans activité."
p.136 : "Oui, il y a de la violence physique, des guerres, des massacres, des tortures,
des viols, des coups. Mais aussi, combien de violences invisibles, combien de souffrances
muettes !
Observe, en toi et autour de toi, à quel point les pensées, les paroles et les actes sont empreints
d'avidité, d'agressivité, d'orgueil, d'envie et d'illusion."
p.139 : "Mais nous nous refusons obstinément à croire que les méchants existent. Il y a comme
un tabou inviolable à penser que des gens de notre entourage, de notre cercle professionnel, de notre
famille, pourraient être animés de mauvaises intentions. Or je proclame ici cette vérité difficile
à supporter : les méchants existent, ils existent vraiment et ils sont
dangereux."
p.140 : "Nous voyons si rarement les gens tels qu'ils sont! Nous nous racontons
tellement d'histoires à leur sujet au lieu de sentir, sans aucun préjugé, dans notre
coeur, ce qui se passe ici et maintenant, hors de l'apparence, indépendamment des titres, des noms,
des convenants et de l'habitude."
p.142 : "Etre en relation avec l'autre revient à prendre contact avec sa substance irritable, sentir
sa souffrance et son bonheur, se réjouir de sa joie et pâtir de sa douleur."
p.144 : "Certaines personnes sont presques mortes à l'intérieur."
p.147 : "Ceux qui pensent qu'ils n'ont pas le droit de vivre sont déjà à moitié morts."
p.153 : "Examine systématiquement différentes hypothèses sur l'origine de ta souffrance : les
situations qui ont modelé ta personnalité, les tendances habituelles de ton ego, les
idées que tu t'es forgées sur toi-même, tes peurs familières, tes angoisses invétérées, tes pensées
obsessionnelles, tes envies ou jalousies récurrentes, ton narcissisme blessé, ton avidité
frustrée, etc.
Après mûre réflexion, s'il s'avère que certaines personnes sont constamment une réelle cause
de souffrance pour toi, ne les agresse pas, ne leur fais pas de reproches. Si c'est possible, parle
franchement et sincèrement des problèmes, mais toujours à froid, quand l'émotion est retombée.
N'agis jamais sous le coup de l'urgence du sentiment, c'est-à-dire sous
l'emprise d'un jugement automatique, donc presque forcément faux.
Si les problèmes persistent, prends tes distances, détache-toi tranquillement, physiquement de
préférence, intérieurement s'il n'est pas possible de faire autrement. Détache-toi
complètement. N'entretiens jamais de relations toxiques."
p.154 : "Tant d'erreurs de notre vie viennent de la peur d'être seul. Seul
avec la souffrance. [..] Savoir être seul, savoir qu'on est seul, voilà la sagesse."
p.156 : "Bien souvent, notre volonté d'aider et de guérir les autres n'est qu'une projection de notre
propre besoin de guérir. Comprends ce que tu as à réparer en toi-même avant de penser à transformer
le monde."
p.156 : "Ne laisse personne prendre le pouvoir dans ton âme, c'est-à-dire te mettre en colère,
exciter ton envie, ton orgueil, te séduire, t'illusionner... Tu es maître de ton âme. Ton monde
est à toi."
p.158 : "La souffrance revient toujours."
p.159 : "Cultive des pensées de gratitude envers tous ceux qui t'ont aimé, t'ont fait
du bien, t'ont servi, ont travaillé pour que tu puisses mener une bonne vie (des enseignants
qui t'ont ouvert l'esprit aux ouvriers qui ont fabriqué tous les objets que tu utilises). Cultive
ton sentiment de reconnaissance envers tous ceux qui t'ont fait souffrir car ils t'ont indiqué
tes attachements, t'aidant ainsi à progresser sur le chemin.
Au ressentiment, substitue la gratitude."
p.162 : "Aucune qualité d'émotion n'est bonne ni mauvaise en soi. L'amour, l'amitié, la compassion
peuvent être impurs ou même désastreux selon les circonstances, l'intention qui les anime ou l'aveuglement
qui les meut. [..] La valeur ultime d'une qualité ou d'une émotion n'est pas sa
nature intrinsèque mais ce que nous en faisons."
p.165 : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Certes. Mais si tu ne t'aimes pas ?
Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse. Fort bien. Mais si tu
ne sens pas ce que l'on te fait ?" (et comment être sûr de sentir la même chose que ce que
l'émetteur a ``voulu'' que l'on sente ?)
p.166 : "Ne t'endors jamais. N'endors pas ton coeur. Si ton coeur est ouvert, présent, sensible,
écorché, brûlant, vulnérable, alors tu ne pourras pas supporter le mal et il ne passera pas par toi.
La seule manière de reconnaître le mal que l'on subit ou que l'on fait est de redevenir sensible, de plus en
plus sensible."
p.167 : "La capacité de voir clairement les rapports émotionnels entre les êtres, le don
de sentir les situations et les gens comme ils sont, avec leurs couleurs d'agressivité, de menace, de peur
et d'amour donnent une force presque invincible."
p.169 : "Il nous est difficile de ``voir'' nos partenaires amoureux, nos associés, nos amis, parce
qu'ils sont dans notre ombre : les aspects cachés de notre personnalité et la dimension
maligne de notre entourage sont dans une profonde relation de connivence."
p.170 : "C'est parce que l'on est attentif à soi que l'on peut être attentif aux autres."
p.172 : "Il est impossible de se connaître si l'on est horrifié par sa propre nature.
L'alternative se présente ainsi : nous fréquenter ou nous fuir. On ne peut s'accepter dans toutes ses
dimensions que si l'on entre en amitié avec soi-même." (courage... fuyons)
p.173 : "Plus on se rend vulnérable, hypersensible, mieux on fait reculer la souffrance dans
le monde."
p.173 : "Plus on est transparent à soi-même, plus le monde devient transparent. Quand
on se connaît complètement, tout devient transparent."
p.183 : "Quel est le sens de la vie ? Mais tu réponds à cette question, jour après jour,
depuis que tu respires, et nul autre que toi !"
p.186 : "Les événements de notre vie, comme ceux du monde, sont absurdes, étranges,
désordonnés, mus par des passions, des haines des désirs, des concepts et des pensées totalement illusoires.
Abandonnons toute idée d'un univers stable, rassurant, ``normal'', ordonné, qui obéirait à on ne sait
qu'elle ``raison''.
La réalité est déplaisante, mais c'est la réalité. La vérité pue, mais c'est la vérité. Par nos idées,
nos théories, par la poursuite incessante de nos satisfactions et de nos calculs, nous tentons de nous
distraire, sans trop d'effet, de l'énormité de la souffrance, partout visible."
p.188 : "Ce qu'il faut comprendre, c'est que rien ni personne n'est supérieur à rien ni à personne,
que tous sont égaux et uniques, irremplaçables et interchangeables, et que l'amour seul (l'amour de soi ou
des autres, c'est le même amour), l'amour seul soulage de la souffrance ; l'amour qui rayonne dans la
sphère infinie de l'instant."
p.191 : "N'étant rien, nous n'avons rien à perdre. N'ayant rien à perdre, nous pouvons tout donner."
p.200 : "Nous sommes seuls. Seuls avec le mystère de l'être, seuls avec notre conscience. Nous sommes
cet instant unique, cette fenêtre sur tout et l'éternité."
p.203 : "Tu es seul, tellement seul que tu n'es même pas avec toi-même comme avec un autre à qui
t'adresser. Tes pensées fusent du vide vers le néant. Tes paroles n'atteignent personne. Tes actes n'ont aucun
effet. Des goûts, des textures, des images, des sensations explosent dans l'expérience sans laisser de trace.
Tu es la grande solitude originelle. Tu es le passage sans retour de la solitude vers son extinction. A qui donc
veux-tu démontrer quoi que ce soit ? Pour qui édifies-tu ces décors ? Pour qui brandis-tu ces images et ces
slogans ? A l'intention de quel public absent déclames-tu ces réquisitoires minitieusement argumentés,
ces défenses enflammées ? Tous les échos, tous les reflets du monde sont les empreintes évanescentes
de la solitude en fuite.
Tout est pensé, dit et fait en pure perte."
(pourquoi vivre alors ?)
p.205 : "Tu n'as qu'une seule référence : ta propre vie, ta propre expérience, dont il t'est impossible
de sortir. Tu n'as en réalité aucun modèle extérieur, aucune connaissance de la ``bonne'' ou de la
``vraie'' manière de vivre (d'une bonté ou d'une vérité transcendante) puisque tout bien
ou tout vrai que tu pourrais envisager seraient forcément ton bien ou ton vrai, tels qu'ils
apparaissent dans ta vie. Tu inventes ta vie en la faisant, n'ayant que ta propre vie pour modèle. Tout
ce que tu sais, tu ne le connais qu'enrobé de tes interprétations, éclairé par tes idées conscientes ou inconscientes,
sous la perspective de ton expérience personnelle. Ta vie est un autodéveloppement. Tu ne peux accuser personne
de ton destin puisque c'est toi qui choisis ce qui s'y passe. A chaque seconde, tu aurais pu penser, parler, agir
différemment, obéir à d'autres maîtres, à d'autres raisons. Tu as fait ce que tu voulais faire sans autre
référence que l'évidence de ton vouloir. Tu sécrètes ta vie et ton monde de l'intérieur, sans aucun point
d'appui extérieur ni objectif. Chaque vie est unique et incomparable. Du point de vue du vivant, qui seul nous
intéresse ici, chaque vie est la seule vie."
(bref tout est relatif... si seulement plus de personnes pouvaient accepter ce fait... et cependant pour vivre
en société, bref ensemble que cela soit à 2 ou à 10 millions, il faut bien avoir des bases communes, comparables.
Ou est-ce que l'illusion de les avoir suffit ?)
p.207 : "La véritable solitude est sans remède. Elle est le remède."
p.210 : "``Dans quel monde vis-tu?'' et ``Qui es-tu?'' sont une seule et même question.
Demande-toi à chaque instant : ``Quel monde suis-je en train de créer?''"
p.210 : "La souffrance est une guerre de soi contre soi, un soi qui voudrait vivre autre
chose que l'instant d'expérience."
p.213 : "Coupable, en vérité, tu ne l'es jamais, puisqu'il n'y a d'instance transcendante pour te juger
que celle que tu imagines. Mais responsable, tu l'es toujours, parce que tu es ton monde et ta vie.
Certes, il t'arrive de souffrir du fait de circonstances indépendantes de ta volonté (quelle circonstance
ne l'est pas? tu n'as même pas choisi de naître!). Mais tu peux prendre cela comme une épreuve
à surmonter, un défi à relever. Trouve ta manière personnelle d'assumer la douleur."
(une des manières possibles alors est la fuite pure et simple...)
p.215 : "Nous sommes absolument seuls au centre de l'univers et tout ce qui apparaît dans le monde
est une modulation de notre propre esprit. Tous les désirs, tous les conflits, tous les jugements sont donc absurdes.
La seule proposition vraie est une égalité infinie. Le seul état d'esprit adéquat est une attention, une douceur
et un amour infinis. Il suffit de laisser l'esprit reposer en lui-même pour découvrir cet état, présent,
disponible depuis toujours."
p.227 : "Nous avons deux trésors : notre capacité d'émotion et notre puissance de création. Tout
bien réfléchi, nous n'avons qu'un, car le second dérive du premier."
(seuls les gens sensibles peuvent créer alors...)
p.231 : "Rien n'est plus agréable à une âme que de rencontrer une autre âme et de reconnaître en sa soeur
la saveur de la source dont émanent toutes les âmes."
p.235 : "Ecoute l'espace entre les mots, le silence, qui donne aux vocables leur poids et qui permet
au sens d'atteindre l'âme. Peu importe qui parle, toi ou un autre. Ne recouvre pas trop vite un mot par
d'autres mots. Laisse son espace à chaque sentence. Toute parole est modulation, vibration, coloration de l'espace
du sens Ondulation du silence.
Exerce-toi à écouter sans rien dire. Ne réponds rien, même dans ta tête. Ecoute simplement. Ecoute
vraiment. Arrête le mouvement incessant, automatique et vain des pensées.
Abandonne à l'autre le dernier mot. N'aie pas toujours une explication. Laisse les questions ouvertes.
Apprends à ne pas combler immédiatement le manque, le silence, l'espace.
Lorsque nous refusons d'avoir le dernier mot, nous faisons surgir l'espace."
(malheureusement certaines cultures sont plus douées pour ca que d'autres... le silence est bien plus facilement
accepté dans les cultures orientales qu'occidentales)
p.237 : "Nous n'écoutons jamais qu'avec notre propre histoire."
p.245 : "Tu crois que, pour être heureux, il te faut ceci, il te faut cela... Mais il ne
te faut qu'une seule chose : apprécier pleinement l'immense chance de vivre."
(mais encore faut-il être conscient du fait que cela soit une chance... car c'est surtout indépendant
de notre volonté...)
p.245 : "Veux-tu le secret du bonheur éternel? Le voici : tu le possèdes déjà."
p.248 : "Tu n'es pas heureux parce que tu es comme ceci ou comme cela, ni parce
que tu possèdes telle ou telle perfection. Tu es heureux parce que tu es heureux."
p.249 : "
Vivre-mourir
Veiller-dormir
Tout est égal
Tout est bien"