JODIE FOSTER,
LA PETITE FILLE PRECOCE D'HOLLYWOOD

Enfant-star dès l'âge de 10 ans, Jodie Foster a perdu son innocence : derrière son minois d'enfant sage se cachent tous les tourments de l'Amérique traumatisée. Prostitution, violence, complots, attentats, paranoïa...


"Je dis souvent que je fais le même film : il y a le thème du prodige qui revient, la personne qui est à part, à cause de son excellence, et qui se retrouve orpheline..." Jodie Foster est une enfant triste. Dotée d'un QI supérieur à la normale, elle commence à travailler dès 3 ans dans des publicités, avant de tourner dans séries TV à 7 ans, puis de devenir star de cinéma à 10 ans. Elle se sent différente. D'abord, parce qu'elle n'a jamais connu son père (d'où "l'orpheline"). Ensuite, parce qu'elle souffre de son intelligence comme d'un handicap. C'est l'actrice savante d'Hollywood, une femme de tête au visage froid qui sait faire passer - dans un clignement d'oeil - des tempêtes d'émotion : le feu couve sous cette glace ! Jodie l'hypersensible s'est fabriqué une carapace qui cache mal son inquiétude chronique. Elle s'est mise en danger si souvent ! Depuis qu'en 1981 un déséquilibré tente de tuer Reagan pour se faire remarquer d'elle, Jodie devient même parano. Elle surprotége sa vie privée et se ferme à l'écran comme une huître. De toute façon, Jodie ne s'est jamais vraiment lâchée. Depuis son enfance, elle doit lutter. Sa carrière débute à l'âge de trois ans, dans un spot pour une huile solaire et continue dans l'usine Disney où elle abat des navets en série (Napoléon et Samantha, Un vendredi dingue dingue dingue...). Pour casser son image de poupée, sa mère lui choisit des rôles d'adulte : dans "Taxi Driver" (Martin Scorsese, 1975), elle incarne une mineure droguée et forcée de se prostituer. Dans "les Accusés" (Jonathan Kaplan, 1988), une jeune fille violée dans un bar, devant des témoins passifs... Ces rôles crus, bouleversants, qui lui apportent ses deux Oscars, ne la sauvent pourtant pas de la mise au rebut : après des débuts prodiges, elle finit comme tous les autres enfants-acteurs dans la poubelle des poupées cassées. A l'âge où ses consoeurs jouent à la Lolita, Jodie Foster interrompt sa carrière pour mener de brillantes études. Elle veut devenir professeur de lettres, mais le cinéma la reprend : dans "le Silence des Agneaux" (Jonathan Demme, 1991), la voilà dans la peau d'un agent de la CIA, à la poursuite d'un serial-killer. Le succès est tel que Jodie abandonne ses projets universitaires. "Je suis actuellement dans une position où je peux faire ce que je veux, explique-t-elle. En ne travaillant qu'une fois par an, je m'offre le luxe de m'investir entièrement dans mes rôles". Effectivement, elle s'investit : en 1995, elle incarne une jeune femme sauvage et se met tellement à nu dans le rôle de Nell que les mauvaises critiques la blessent profondément. Jodie Foster rentre dans sa coquille. Elle n'en ressort que deux ans plus tard ! Dans "Contact" (Robert Zemeckis, 1997), elle interprète encore une solitaire que le monde entier agresse : seule scientifique persuadée de l'existence d'extra-terrestres, elle s'obstine seule contre tous à prouver qu'ils sont parmi nous... Jodie Foster ne renonce jamais. A 36 ans, ce cerveau obstiné qui a déjà réalisé deux films cherche encore le rôle de sa vie, "un personnage compliqué, pour me faire violence, pour surmonter l'intensité de la vie, pour faire avancer le monde"...

 

 

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